Bruxisme : serrer ou grincer des dents, de quoi parle-t-on vraiment ?

26 octobre 2026 | Mâchoire et ATM

Valentine GUR · Ostéopathe D.O. · Masseur-kinésithérapeute D.E.

Inscrite au tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (n° 52894) · RPPS 10005685820

Consultation spécialisée : mâchoire, migraines et céphalées · Cabinet des Hauts Pavés, Nantes · Mise à jour : octobre 2026

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L’essentiel

Le mot « bruxisme » recouvre plusieurs phénomènes : serrer ou grincer des dents, mais aussi bloquer ou pousser la mâchoire.

Le consensus international distingue le bruxisme d’éveil et le bruxisme du sommeil. Ils ne s’évaluent ni ne s’expliquent tout à fait de la même manière [1, 2].

Depuis sa mise à jour de 2025, le consensus international définit le bruxisme comme un comportement des muscles de la mâchoire, et non comme une maladie : selon les cas, il peut être un facteur de risque, un facteur protecteur ou rester sans conséquence, et il peut être associé à d’autres problèmes de santé [2]. La version de 2018 réservait cette lecture aux personnes « par ailleurs en bonne santé » [1].

Cela change beaucoup la manière d’en parler.

« Je serre les dents, donc je suis stressé » ?

Parfois, le stress intervient. Mais ce raccourci est insuffisant.

Le stress et l’anxiété sont surtout associés au bruxisme d’éveil, qui peut aussi accompagner certaines habitudes de concentration, de tension ou de sollicitation de la mâchoire [3].

Le bruxisme du sommeil relève d’une physiologie différente : ses épisodes surviennent surtout lors de brefs micro-éveils, après une activation du système nerveux [4, 5].

Il n’existe donc pas une cause unique du bruxisme. Et, contrairement à une idée ancienne, l’occlusion (la façon dont les dents s’emboîtent) ne l’explique pas : dans une étude, elle ne rendait compte que de 4,6 % des différences entre les personnes qui déclarent serrer ou grincer des dents et les autres [6].

Comment sait-on qu’une personne bruxe ?

Il existe plusieurs niveaux d’information. Le patient peut rapporter un serrement ou un grincement ; son entourage peut entendre des grincements nocturnes ; le chirurgien-dentiste peut observer certaines conséquences possibles sur les dents ou les muscles.

Mais l’usure dentaire seule ne prouve pas qu’un bruxisme soit actuellement actif.

Le consensus international gradue ainsi le diagnostic : bruxisme « possible » sur le seul récit, « probable » avec l’examen clinique, « certain » avec une mesure instrumentale [1]. Pour le bruxisme du sommeil, la mesure instrumentale repose sur l’enregistrement de l’activité des muscles de la mâchoire pendant le sommeil (électromyographie), parfois complété par un enregistrement audio-vidéo, par exemple lors d’une polysomnographie [1].

Quel rapport avec les DTM ?

Une activité répétée de la mâchoire peut, chez certains patients, être associée à des douleurs musculaires ou participer au maintien des symptômes de dysfonctionnement temporo-mandibulaire (DTM).

Mais cela ne signifie pas « bruxisme = DTM », ni « DTM = bruxisme ». La relation dépend du patient et du contexte.

Le questionnaire Oral Behaviors Checklist (OBC), qui fait partie des outils de l’axe II du DC/TMD, la référence internationale, explore 21 comportements de la mâchoire, à l’éveil et pendant le sommeil, sans réduire le problème à un seul mécanisme [7].

Une gouttière arrête-t-elle le bruxisme ?

Pas nécessairement.

Une orthèse peut être proposée par un chirurgien-dentiste dans certaines situations, notamment en fonction des conséquences dentaires ou du contexte clinique. Mais porter une gouttière ne revient pas à supprimer l’activité musculaire : les preuves ne permettent pas d’affirmer qu’elle traite le bruxisme du sommeil [8, 9].

Le choix et le suivi d’une orthèse restent du ressort du chirurgien-dentiste. En cas de ronflements, de pauses respiratoires pendant le sommeil ou de somnolence dans la journée, parlez-en à votre médecin, et signalez-le à votre chirurgien-dentiste avant la pose d’une gouttière de nuit [4].

Et l’ostéopathie ?

L’ostéopathie n’est pas présentée ici comme un traitement du bruxisme.

En revanche, lorsqu’une personne qui bruxe souffre aussi de douleurs musculaires, d’une limitation ou d’une gêne de la mâchoire, une prise en charge fonctionnelle conservatrice peut être discutée, en complément du suivi dentaire.

L’objectif est alors la fonction et les symptômes associés, pas la promesse de faire disparaître le bruxisme.

Quand consulter d’abord, sans attendre

  • Appelez le 15 (ou le 112) : douleur de la mâchoire à l’effort, ou avec une douleur dans la poitrine, un essoufflement ou des sueurs ; faiblesse d’un côté du corps, visage qui se déforme, trouble de la parole, même bref, ou trouble de la vue nouveau ou inhabituel, même bref ; mal de tête explosif, maximal dès le début ; gonflement du visage ou du cou qui s’étend vite, avec difficulté à avaler ou à respirer.
  • Sans attendre : aux urgences après un choc sur la mâchoire, surtout si les dents ne s’emboîtent plus comme avant ; aux urgences ou chez un chirurgien-dentiste si la bouche reste bloquée ouverte.
  • Le jour même : votre médecin si, après 50 ans, apparaissent un mal de tête récent, une douleur de la mâchoire en mâchant, un cuir chevelu douloureux ou un trouble de la vue (aux urgences si la vue baisse) ; votre chirurgien-dentiste ou votre médecin en cas de gonflement du visage ou de la gencive, de fièvre ou de douleur dentaire importante.
  • Rapidement, un médecin ou un chirurgien-dentiste : ouverture de la bouche qui diminue peu à peu, dents qui ne s’emboîtent plus comme avant, engourdissement de la lèvre, du menton ou du visage.

Liste complète des signes d’alerte : page Mâchoire, ATM, migraines et céphalées.

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Avec Valentine GUR · premier rendez-vous de 45 minutes. Votre mutuelle peut prendre en charge tout ou partie de la séance*, selon votre contrat : pensez à vérifier vos droits. Sur demande, une facture vous est fournie après la séance pour votre remboursement.*L’ostéopathie n’est pas remboursée par la Sécurité sociale.

Apportez, si vous les avez : le courrier de votre médecin, chirurgien-dentiste ou orthodontiste, vos examens récents (panoramique dentaire, cone beam, IRM), votre gouttière et la liste de vos traitements. Avec votre accord, un compte rendu peut être adressé au praticien qui vous suit.

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Cet article fournit une information générale et ne remplace pas un diagnostic médical ou dentaire.

Références

  1. Lobbezoo F, Ahlberg J, Raphael KG, Wetselaar P, Glaros AG, Kato T, et al. International consensus on the assessment of bruxism: report of a work in progress. J Oral Rehabil. 2018;45(11):837-44. doi:10.1111/joor.12663
  2. Verhoeff MC, Lobbezoo F, Ahlberg J, Bender S, Bracci A, Colonna A, et al. Updating the bruxism definitions: report of an international consensus meeting. J Oral Rehabil. 2025;52(9):1335-42. doi:10.1111/joor.13985
  3. Manfredini D, Lobbezoo F. Role of psychosocial factors in the etiology of bruxism. J Orofac Pain. 2009;23(2):153-66.
  4. Huynh N, Manzini C, Rompré PH, Lavigne GJ. Weighing the potential effectiveness of various treatments for sleep bruxism. J Can Dent Assoc. 2007;73(8):727-30. cda-adc.ca
  5. Michalek-Zrabkowska M, Martynowicz H, Wieckiewicz M, Smardz J, Poreba R, Mazur G. Cardiovascular implications of sleep bruxism: a systematic review with narrative summary and future perspectives. J Clin Med. 2021;10(11):2245. doi:10.3390/jcm10112245
  6. Manfredini D, Visscher CM, Guarda-Nardini L, Lobbezoo F. Occlusal factors are not related to self-reported bruxism. J Orofac Pain. 2012;26(3):163-7.
  7. Schiffman E, Ohrbach R, Truelove E, Look J, Anderson G, Goulet JP, et al. Diagnostic Criteria for Temporomandibular Disorders (DC/TMD) for clinical and research applications: recommendations of the International RDC/TMD Consortium Network and Orofacial Pain Special Interest Group. J Oral Facial Pain Headache. 2014;28(1):6-27. doi:10.11607/jop.1151
  8. Macedo CR, Silva AB, Machado MAC, Saconato H, Prado GF. Occlusal splints for treating sleep bruxism (tooth grinding). Cochrane Database Syst Rev. 2007;(4):CD005514. doi:10.1002/14651858.CD005514.pub2
  9. Riley P, Glenny AM, Worthington HV, Jacobsen E, Robertson C, Durham J, et al. Oral splints for patients with temporomandibular disorders or bruxism: a systematic review and economic evaluation. Health Technol Assess. 2020;24(7):1-224. doi:10.3310/hta24070