Ma mâchoire craque : est-ce grave ?

26 octobre 2026 | Mâchoire et ATM

Valentine GUR · Ostéopathe D.O. · Masseur-kinésithérapeute D.E.

Inscrite au tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (n° 52894) · RPPS 10005685820

Consultation spécialisée : mâchoire, migraines et céphalées · Cabinet des Hauts Pavés, Nantes · Mise à jour : octobre 2026

Prendre RDV · Mâchoire et ATM

L’essentiel

Un claquement de l’articulation temporo-mandibulaire (l’ATM, l’articulation de la mâchoire, juste devant l’oreille) est fréquent et n’est pas forcément pathologique.

Un bruit articulaire isolé, stable, sans douleur, sans blocage et sans limitation de l’ouverture ne nécessite pas, en règle générale, de traitement [1, 2].

Une revue systématique consacrée aux déplacements du disque de l’ATM conclut que le déplacement discal avec réduction — l’un des mécanismes pouvant provoquer un « clic » — est fréquent et reste le plus souvent stable et indolore, souvent toute la vie [1].

Il faut donc éviter deux excès : considérer tous les craquements comme inquiétants ou, au contraire, ignorer un bruit accompagné de douleur ou d’une modification du fonctionnement de la mâchoire.

Pourquoi une articulation peut-elle claquer ?

L’ATM contient un disque articulaire, situé entre le condyle de la mandibule et l’os temporal. Dans certaines configurations, ce disque se trouve déplacé, le plus souvent vers l’avant, puis reprend sa position au cours de l’ouverture : ce passage peut produire un claquement perceptible [1].

Mais un bruit ne permet pas, à lui seul, de connaître la position exacte du disque. C’est pourquoi le DC/TMD, la référence internationale pour le diagnostic des DTM (dysfonctionnements temporo-mandibulaires), combine l’histoire du patient et plusieurs éléments d’examen plutôt que de conclure sur la seule présence d’un bruit. Lorsque la position du disque doit être confirmée, l’examen de référence est l’IRM [3].

Claquement ou crépitement : ce n’est pas la même chose

Un claquement est généralement bref et net. Un crépitement est plutôt un bruit de frottement, comme du « sable ».

Dans le DC/TMD, un crépitement perçu à l’examen oriente vers une atteinte dégénérative de l’articulation (arthrose de l’ATM), dont la confirmation repose sur l’imagerie : scanner ou cone beam [3]. Là encore, le bruit seul ne suffit pas à établir un diagnostic.

Lorsqu’une exploration du disque ou de l’articulation est réellement nécessaire, c’est le chirurgien-dentiste, l’orthodontiste, le chirurgien maxillo-facial ou le médecin qui décide des examens complémentaires appropriés.

Quand le craquement mérite-t-il d’être évalué ?

Il est surtout utile de consulter lorsque le craquement s’accompagne d’une douleur, d’un blocage, même bref, d’une diminution de l’ouverture, d’une modification récente importante, d’un traumatisme ou d’une difficulté pour manger [1, 2].

Une articulation qui craque depuis quinze ans sans aucune douleur n’a pas la même signification qu’une articulation devenue brutalement douloureuse et limitée depuis trois jours. Le contexte et l’évolution comptent davantage que le bruit isolé.

Faut-il « remettre le disque en place » ?

Non, ce n’est pas l’objectif. Une prise en charge conservatrice ne cherche pas à replacer manuellement une structure dont la position n’a d’ailleurs pas été vérifiée par l’imagerie.

Elle vise la douleur, la mobilité, le fonctionnement de la mâchoire et les facteurs qui entretiennent les symptômes lorsqu’ils sont présents. Les recommandations privilégient une prise en charge initiale conservatrice pour les DTM courants [2, 4].

Au cabinet

Pour un claquement sans douleur ni gêne, aucune séance n’est nécessaire.

Lorsqu’une évaluation est utile, le bilan permet de distinguer le simple bruit articulaire d’un tableau associant douleur ou modification du fonctionnement. Sont notamment observés l’ouverture de la bouche, les latéralités, la trajectoire d’ouverture, les éventuels blocages et la reproduction, ou non, de la douleur habituelle.

Si les éléments retrouvés nécessitent un diagnostic dentaire ou un examen complémentaire, vous êtes réorienté vers le praticien adapté.

Quand consulter d’abord, sans attendre

  • Appelez le 15 (ou le 112) : douleur de la mâchoire à l’effort, ou avec une douleur dans la poitrine, un essoufflement ou des sueurs ; faiblesse d’un côté du corps, visage qui se déforme, trouble de la parole, même bref, ou trouble de la vue nouveau ou inhabituel, même bref ; mal de tête explosif, maximal dès le début ; gonflement du visage ou du cou qui s’étend vite, avec difficulté à avaler ou à respirer.
  • Sans attendre : aux urgences après un choc sur la mâchoire, surtout si les dents ne s’emboîtent plus comme avant ; aux urgences ou chez un chirurgien-dentiste si la bouche reste bloquée ouverte.
  • Le jour même : votre médecin si, après 50 ans, apparaissent un mal de tête récent, une douleur de la mâchoire en mâchant, un cuir chevelu douloureux ou un trouble de la vue (aux urgences si la vue baisse) ; votre chirurgien-dentiste ou votre médecin en cas de gonflement du visage ou de la gencive, de fièvre ou de douleur dentaire importante.
  • Rapidement, un médecin ou un chirurgien-dentiste : ouverture de la bouche qui diminue peu à peu, dents qui ne s’emboîtent plus comme avant, engourdissement de la lèvre, du menton ou du visage.

Liste complète des signes d’alerte : page Mâchoire, ATM, migraines et céphalées.

Consultation spécialisée – douleurs de mâchoire, migraines, céphalées

Avec Valentine GUR · premier rendez-vous de 45 minutes. Votre mutuelle peut prendre en charge tout ou partie de la séance*, selon votre contrat : pensez à vérifier vos droits. Sur demande, une facture vous est fournie après la séance pour votre remboursement.*L’ostéopathie n’est pas remboursée par la Sécurité sociale.

Apportez, si vous les avez : le courrier de votre médecin, chirurgien-dentiste ou orthodontiste, vos examens récents (panoramique dentaire, cone beam, IRM), votre gouttière et la liste de vos traitements. Avec votre accord, un compte rendu peut être adressé au praticien qui vous suit.

Prendre RDV · Mâchoire et ATM

Cet article fournit une information générale et ne remplace pas un diagnostic médical ou dentaire.

Références

  1. Naeije M, te Veldhuis AH, te Veldhuis EC, Visscher CM, Lobbezoo F. Disc displacement within the human temporomandibular joint: a systematic review of a ’noisy annoyance’. J Oral Rehabil. 2013;40(2):139-58. doi:10.1111/joor.12016
  2. Beecroft E, Palmer J, Penlington C, Avery L, Aggarwal V, Chase M, et al. Management of painful temporomandibular disorder in adults. NHS England (GIRFT), Royal College of Surgeons of England; 2024 (version 1.1, 2025). rcseng.ac.uk
  3. Schiffman E, Ohrbach R, Truelove E, Look J, Anderson G, Goulet JP, et al. Diagnostic Criteria for Temporomandibular Disorders (DC/TMD) for clinical and research applications: recommendations of the International RDC/TMD Consortium Network and Orofacial Pain Special Interest Group. J Oral Facial Pain Headache. 2014;28(1):6-27. doi:10.11607/jop.1151
  4. Busse JW, Casassus R, Carrasco-Labra A, Durham J, Mock D, Zakrzewska JM, et al. Management of chronic pain associated with temporomandibular disorders: a clinical practice guideline. BMJ. 2023;383:e076227. doi:10.1136/bmj-2023-076227